
Après avoir ouvert 2026 avec The King of Comedy et The Shining, deux monuments à la fois cynique et glaçants, il était temps de changer de climat. Direction les années 2000, les couloirs de lycée ultra-cirés et le rose bonbon qui pique un peu les yeux.
On poursuit donc ce début d’année avec un autre film culte qui aura marqué ma cinéphilie : Mean Girls, écrit par Tina Fey et réalisé par Mark Waters.
Sous ses airs de teen movie clinquant, le film se présente comme un documentaire animalier déguisé, une observation minutieuse de la faune sauvage des lycées américains. Ici, les clans remplacent les meutes, les couloirs servent de territoire, et la loi du plus populaire est aussi cruelle qu’efficace. Un film insolent, percutant, et surtout très drôle, qui regarde l’adolescence sans nostalgie ni complaisance.
Les teen movies ont souvent mauvaise réputation. Trop lisses, trop niaiseux, trop remplis de bons sentiments recyclés. On les regarde parfois comme des plaisirs coupables, jamais vraiment comme de “bons films”. Mean Girls n’est pas de ceux là !
Tina Fey ne renie rien du genre : il y a des looks, des rivalités, des punchlines, des drames lycéens qui semblent vitaux pendant 48 heures. Mais elle y injecte un regard neuf, ironique et très lucide. Le film se moque autant de ses personnages qu’il les comprend. Il observe les codes sociaux comme un système parfaitement huilé, où la popularité fonctionne comme une monnaie et la cruauté comme un réflexe de survie.
Mean Girls propose une satire fine du féminin normé : apparences, rivalités, performances sociales, injonctions contradictoires. Derrière les jupes roses et les règles absurdes, le film parle de pression, de conformité et de pouvoir. C’est précisément ce mélange de légèreté et de lucidité qui en a fait un film générationnel si puissant.

Mean Girls suit Cady Heron, nouvelle venue dans un lycée américain, qui découvre très vite que l’intégration passe par des chemins sinueux. En tentant de comprendre les règles du jeu, elle se rapproche des Plastics, le clan le plus influent du campus, dirigé par l’incontournable Regina George.
Regina est une cheffe de bande charismatique, magnétique, parfaitement consciente de son pouvoir. Elle fascine autant qu’elle intimide, impose ses codes avec douceur apparente et manie la cruauté avec une élégance redoutable. Tout chez elle est affaire de surface maîtrisée.
Pour Regina, on imaginera une recette qui lui ressemble. Séduisante, enivrante… mais traitre ! Un Pink Lady pour la reine des Plastics ; ce cocktail glamour et à l’apparence innocente mais qui sait se révéler bien plus acide qu’il n’y parait.
L’occasion de rappeler qu’il faut toujours se méfier de ce qui semble trop sucré pour être honnête – et que l’alcool est à consommer avec modération, d’ailleurs !

Le Pink Lady de la reine des plastiques
Avec de quoi enivrer quiconque ose s’approcher !
4ml de gin
2ml de jus de citron jaune pour l’acidité de la blonde
2ml de grenadine pour son côté explosif
1 blanc d’oeuf
quelques pétales de rose séchées pour la tradition des mercredis
quelques glaçons
Dans un shaker, versez le gin, le citron, la grenadine et le blanc d’oeuf. Mélangez énergiquement. Ajoutez les glaçons et mélangez,gez à nouveau. Versez dans un verre à martini avec un tamis. Zestez un peu de citron jaune, ajoutez des pétales de roses. C’est prêt à déguster !
Revoir Mean Girls aujourd’hui, c’est mesurer à quel point le film reste pertinent. Son humour est toujours aussi efficace, ses dialogues continuent de circuler, mais surtout, son regard sur les mécanismes de pouvoir n’a rien perdu de sa justesse. Regina George n’est pas qu’une “méchante” iconique : elle incarne une figure d’autorité, construite par le regard des autres, nourrie par les règles mêmes qu’elle impose.
Le film montre avec une vraie intelligence comment le pouvoir circule, se transmet et se retourne, même à l’échelle d’un lycée. Une comédie qui fait rire, oui, mais qui sait aussi griffer. Un film pop, intelligent, et étonnamment acide, qui prouve qu’on peut parler d’adolescence sans la prendre de haut (ni la glorifier). Un classique moderne, aussi délicieux qu’un cocktail bien dosé… à condition de ne pas en abuser.

À (re)découvrir : Analyse de la hiérarchie sociale du lycée – extrait du film Mean Girls (3min)