
Pamela Anderson est une figure des années 90. Sa plastique légendaire et son rôle de sauveteuse en mer lui ont valu une place indétrônable dans la culture populaire. Devenue une sorte d’icône, l’actrice n’a pas eu l’occasion de décoller cette étiquette de bimbo écervelée et de se faire une place dans le monde du cinéma… Jusqu’au film de Gia Coppola ! Avec The Last Showgirl, la cinéaste offre un rôle sur mesure à l’actrice, celui d’une danseuse de cabaret qui voit son monde s’étioler lorsque le show dans lequel elle performe depuis 30 années s’arrête brusquement.
Que devient on lorsqu’on a laissé le temps s’arrêter pendant plusieurs décennies ? Peut-on rattraper le présent ?
Choisir Pamela Anderson pour le rôle-titre de son film est loin d’être une décision anodine. Le parallèle entre la vie de l’artiste et celle de son personnage se font rapidement – le besoin d’être regardée, la renommée survenue en pleine jeunesse qui n’a jamais véritablement muté…
Mais en endossant le rôle de Shelly, Pamela Anderson fait son retour sur grand écran, dans le clan du cinéma indépendant, avec une Coppola derrière la caméra. Loin du format grandes audiences, vers un retour intimiste maitrisé.
Avec The Last Showgirl, Gia Coppola raconte ce qui se passe dans les coulisses d’un grand spectacle désuet de Las Vegas, lorsque les lumières se rallument après le show. Et lorsque le rideau tombe pour la dernière fois, que reste-t-il des artistes, de leurs rêves et de leurs sacrifices ? Que reste-t-il de Shelly ?
Elle qui a donné des années entières à ce show, préférant mettre en suspens sa vie de femme et son rôle de mère pour sa carrière. Et quelle carrière ! Des attentes, des espoirs, le souvenir d’un flyer promotionnel vieilli par le temps, et le présent qui frappe tout à coup si violemment.

The Last Showgirl s’attache aux rêves d’un passé obsolète, s’entête à vivre dans une époque révolue, mais se réveille de son mirage avec le mal de tête de l’après. Après le faste, après la fête. Quand il est temps de ranger et de s’en aller.
Pour la danseuse aux désillusions, on misera sur un cocktail aux notes amères, un emblématique Old Fashioned.

Le Old Fashioned de Shelly
Un morceau de sucre, un trait de bitter, 5cl de whisky, un peu d’eau gazeuse, une écorce d’orange.
Déposez votre sucre dans le verre, imbibez le de votre bitter et écrasez. Ajoutez des glaçons, votre whisky et complétez avec de l’eau gazeuse.
Dans votre verre à cocktail, glissez un grand glaçon avant de verser votre mélange avec une passoire. Ajoutez une écorce d’orange twistée. Servez.
Gia Coppola rejoint le rang des réalisateurs qui offrent une renaissance aux actrices qu’on avait oubliées (hello The Substance, Maria, BabyGirl). Ici, Pamela renait de ses plumes pour offrir un spectacle émouvant sur le thème du désenchantement et des regrets.
Si le point de vue de l’intime est joliment traité, on aurait aimé le voir mêlé à quelques séquences plus spectaculaires pour donner un peu de souffle et de force à ce long-métrage qui peine parfois à traiter ses sujets en profondeur. Las Vegas a ce chic pour rester à la surface, The Last Showgirl ne déroge malheureusement pas à cette habitude !

🔍À (re)découvrir : Extrait du film The Last Showgirl ; l’audition de Shelly (1min)