JUSTE LA FIN DU MONDE — LA SALADE DE RIZ DE MARTINE

Comme certains trépignent à l’idée d’aller découvrir le dernier Marvel, moi je m’impatiente en pensant au prochain film de Xavier Dolan. Jour de sortie, j’ai filé devant le dernier né du réalisateur prodige et j’ai préféré oublier ma séance en revenant à son oeuvre précédente. Juste la fin du monde, juste un (de ses) meilleurs films :

Bienvenue dans le déjeuner familial revu par Xavier Dolan d’après Jean-Luc Lagarce. Bienvenue dans un huis clos rempli de non-dits, d’attentes, d’émotions et de tensions.

Autour de la table il y a Louis, le centre de l’attention revenu au milieu de la tribu après 12 ans d’absence. A distance, Antoine, le grand frère nerveux accompagné de sa femme Catherine, discrète et sensible. Et puis Suzanne, l’enfant devenue femme, admiratrice sans faille de l’auteur à succès qu’est devenu ce grand-frère qu’elle ne connait pas. Enfin, Martine, la matriarche fantasque. 
Sans surprise, la mère est au centre de tout. Elle est celle qui rassemble, celle qui se souvient et celle qui guide l’enfant perdu. Sous ses couches de maquillage criards et ses extravagances assumées, Martine s’exprime sans fard.

Avec elle, on découvre une chorégraphie d’aérobic approximative et on plonge dans les souvenirs des dimanches de vacances où l’étendue d’une nappe à carreaux rouges et verts et le partage d’une salade de riz assurait un bonheur complet :

La salade du souvenir :
1 bol de riz complet – comme une famille enfin réunie
1 boite de thon entier à émietter – à l’image du temps qu’il reste à passer
3 oeufs dur – avec les poussins qui peinent à quitter le nid et les ailes de la mère
1/4 de chou rouge – pour la symbolique de la mère, version colorée !
Moutarde, huile d’olive, vinaigre, sel et poivre pour la vinaigrette

Commencez par préparer l’ensemble des éléments qui composent la salade : faîtes cuire le riz et laissez-le refroidir, émiettez le thon, préparez les œufs dur, coupez le choux rouge, dosez la vinaigrette – bien moutarde pour monter au nez.
Dans un bol, mêler l’ensemble avant d’empaquetez pour une virée en voiture ou de servir sur la table où les révélations débuteront…

Entre le théâtre et le cinéma, entre le silence et la révélation, entre l’acceptation et l’incompréhension… Juste la fin du monde de Xavier Dolan navigue dans les entre-deux mais s’ancre dans une maitrise totale.

A (re)découvrir : Le discours de Xavier Dolan, récompensé du Grand Prix du Jury du Festival de Cannes en 2016 pour Juste la fin du monde (4min40)

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