LE RÊVE AMÉRICAIN — LES ENERGY BALLS ORANGÉES DE BOUNA ET JÉRÉMY

Après l’avalanche de sorties calibrées prestige ou gros score au box office comme Hamnet, “Hurlevent” ou Marty Supreme, on avait presque oublié qu’un film pouvait simplement donner envie de sourire… et d’y croire ! Avec Le Rêve AméricainAnthony Marciano change de terrain de jeu et signe un buddy movie lumineux qui regarde droit vers l’Atlantique.
Inspiré d’une histoire vraie, le film ne cherche pas la reconstitution minutieuse. Il transforme un parcours improbable en récit romanesque, en conte contemporain porté par l’audace et une forme d’inconscience magnifique. Surtout, il assume un optimisme franc. Pas d’ironie défensive ni de distance cynique face à ceux qui rêvent trop grand. Marciano filme l’élan et la conviction, cette énergie qui pousse à viser loin même quand la ligne des trois points paraît inaccessible. Dans un paysage souvent désabusé, cette sincérité fait du bien. Promis, pas besoin d’être un pro du basket pour se laisser embarquer !

Avec Play, Anthony Marciano avait trouvé une manière très personnelle de raconter l’amitié, en la laissant évoluer au fil du temps, des souvenirs et des désillusions. Il y avait dans ce premier film une vraie sensibilité, une attention portée aux liens qui se transforment sans jamais disparaître complètement. Le rêve américain prolonge cette fibre intime mais change d’échelle. Cette fois, l’amitié ne se contemple pas, elle devient le moteur même du récit, la force qui pousse à traverser les frontières et à viser plus grand que soi.
Le film emprunte alors les codes de la comédie romantique, mais en les déplaçant subtilement. L’histoire d’amour ici, c’est celle de deux amis qui avancent ensemble, se heurtent, se soutiennent et se relèvent. Leur relation donne son rythme au film, entre tensions, fous rires et moments de découragement. Autour d’eux, la NBA s’impose comme un horizon presque mythologique. Plus qu’un objectif sportif, elle représente une reconnaissance ultime, un rêve façonné par les écrans et l’imaginaire collectif. Marciano filme cette fascination avec tendresse, sans moquerie, et transforme ce fantasme américain en aventure profondément humaine.

Jeremy et Bouna ne sont ni basketteurs professionnels ni prodiges du marketing sportif. Ce sont deux passionnés persuadés que leur avenir se joue de l’autre côté de l’Atlantique. Leur ambition est de faire recruter des joueurs français par la NBA et de créer un pont entre deux mondes qui s’observent à distance. Leur projet paraît démesuré. Ils n’ont ni réseau solide ni légitimité évidente, mais ils ont une conviction tenace et une capacité à rebondir qui force le respect. Chaque refus devient un détour, chaque obstacle une nouvelle tentative. L’un s’enflamme, l’autre temporise. L’un provoque le mouvement, l’autre sécurise la trajectoire. Ensemble, ils avancent avec cette obstination qui refuse de quitter le match avant la dernière seconde.

En hommage à cette énergie contagieuse, on imagine une recette d’energy balls orangées, clin d’œil au ballon. Des bouchées compactes et intenses, faites pour tenir la distance et garder le rythme quand la partie s’éternise. Parce que Jeremy et Bouna ont cette énergie à revendre, cette audace brute qui transforme une idée improbable en tentative concrète. Sans aucun doute, ils en ont !

Le Rêve Américain vous promet de sortir de votre séance avec un sourire immense et une envie soudaine de tout tenter. Le film avance avec une énergie communicative, porté par des dialogues qui fusent, des situations qui débordent et un humour qui naît souvent du décalage. Les expressions approximatives et les emballements successifs ne cherchent jamais la perfection, et c’est précisément ce qui les rend savoureux. On rit parce que tout semble fragile, imprévisible, à deux doigts de basculer.

L’alchimie entre Raphaël Quenard et Jean Pascal Zadi fait le reste. Deux énergies très différentes qui se complètent avec évidence. L’un déborde, provoque, accélère. L’autre canalise, observe, ajuste. Ensemble, ils trouvent un équilibre qui donne au film son tempo, comme une équipe qui alterne fulgurance et maîtrise au bon moment. On s’attache à leur trajectoire, à leurs maladresses, à leur foi un peu folle. Et on se surprend à y croire avec eux. Parce que parfois, viser haut compte autant que le résultat.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *